Le parrainage familial est à la fois une demande fondée sur la relation et une demande d’immigration
Les citoyens canadiens et les résidents permanents peuvent être en mesure de parrainer un époux ou conjoint de fait admissible afin qu’il devienne résident permanent du Canada.
Le processus ne consiste pas seulement à démontrer qu’un mariage existe ou que deux personnes ont vécu ensemble. IRCC évalue l’admissibilité du répondant, la relation juridique ou de fait, l’authenticité de la relation, l’admissibilité de la personne parrainée et le respect des exigences documentaires applicables.
Une demande solide doit donc établir deux éléments liés mais distincts :
- le couple répond à la définition juridique de la relation invoquée;
- la relation est authentique et n’a pas été conclue principalement afin d’obtenir un statut d’immigration canadien.
Les éléments de preuve permettant d’établir ces points varient beaucoup d’un couple à l’autre.
Qui peut parrainer un époux ou un conjoint?
Selon les exigences actuelles d’IRCC, le répondant doit généralement avoir au moins 18 ans et être :
- citoyen canadien;
- résident permanent canadien; ou
- une personne inscrite au Canada en vertu de la Loi sur les Indiens.
Le lieu de résidence compte également.
Un citoyen canadien vivant à l’étranger peut parrainer un époux ou conjoint s’il peut démontrer son intention de vivre au Canada lorsque la personne parrainée deviendra résidente permanente. Un résident permanent vivant à l’étranger ne peut pas parrainer pendant qu’il réside hors du Canada.
Les répondants doivent aussi signer un engagement et une entente de parrainage et satisfaire aux autres exigences d’admissibilité prévues par la législation canadienne sur l’immigration.
Existe-t-il une exigence minimale de revenu pour le parrainage d’un époux?
Dans la plupart des dossiers de parrainage d’un époux ou conjoint, il n’existe pas de seuil général de revenu minimum.
IRCC indique actuellement qu’une exigence de revenu s’applique normalement seulement dans certaines situations où l’époux ou conjoint parrainé a lui-même un enfant à charge ayant un ou plusieurs enfants à charge.
Cela ne signifie pas que le répondant n’a aucune responsabilité financière.
En signant l’engagement de parrainage, le répondant s’engage à subvenir aux besoins de la personne parrainée et à faire en sorte qu’elle n’ait pas à compter sur l’aide sociale pendant la période applicable.
Pour un époux, conjoint de fait ou partenaire conjugal hors Québec, l’engagement dure actuellement trois ans à compter de la date où la personne parrainée devient résidente permanente. Il ne peut pas simplement être annulé parce que la situation du couple change par la suite.
Le Québec possède son propre processus d’engagement et des exigences provinciales supplémentaires.
Qui est considéré comme un époux?
Aux fins du parrainage en immigration, un époux doit généralement :
- être légalement marié au répondant;
- avoir au moins 18 ans;
- entretenir une relation authentique avec le répondant; et
- ne pas être interdit de territoire au Canada.
Un certificat de mariage légalement valide ou une preuve que le mariage a été officiellement enregistré est normalement requis.
Le guide de demande d’IRCC précise que des documents comme un relevé canadien de célébration du mariage ou une licence de mariage ne sont pas, à eux seuls, acceptés comme preuve que le mariage a été légalement enregistré.
Un certificat de mariage répond donc à une question : le couple est-il légalement marié? Il ne répond pas nécessairement à une autre : s’agit-il d’une relation conjugale authentique aux fins de l’immigration?
C’est pourquoi la preuve de la relation demeure importante même pour un couple qui possède un certificat de mariage valide.
Qui est considéré comme conjoint de fait?
Aux fins du parrainage canadien, le statut de conjoint de fait ne naît pas simplement parce qu’un couple se considère engagé l’un envers l’autre.
IRCC exige actuellement que les partenaires aient vécu ensemble dans une relation conjugale pendant au moins 12 mois consécutifs. Ils ne doivent pas être légalement mariés l’un à l’autre et chacun doit avoir au moins 18 ans.
IRCC explique que cette période d’un an doit généralement constituer une cohabitation continue, bien que de courtes absences temporaires, par exemple pour le travail, un voyage d’affaires ou des obligations familiales, n’interrompent pas nécessairement la période.
La date à laquelle la cohabitation admissible a commencé est donc particulièrement importante.
Par exemple, deux années de fréquentation ne créent pas automatiquement deux années de statut de conjoint de fait si le couple n’a commencé à vivre ensemble que neuf mois plus tôt.
Comparaison entre époux et conjoint de fait
| Question | Époux | Conjoint de fait |
|---|---|---|
| Mariage requis | Oui | Non |
| Âge minimum | 18 ans | 18 ans |
| Cohabitation requise pour établir la catégorie | Pas généralement comme fondement juridique du mariage | Au moins 12 mois consécutifs |
| Relation authentique requise | Oui | Oui |
| Preuve du statut juridique | Certificat/enregistrement du mariage | Preuve de la cohabitation admissible |
| Preuve de la relation toujours pertinente | Oui | Oui |
| Le demandeur doit satisfaire aux exigences d’admissibilité | Oui | Oui |
L’accent probatoire diffère, mais aucune des deux catégories n’élimine l’obligation d’établir une relation authentique.
Que veut dire IRCC par « relation authentique »?
Le droit canadien de l’immigration ne considère pas qu’un mariage ou partenariat est admissible uniquement parce que les documents qui l’établissent sont juridiquement valides.
Aux fins du parrainage, IRCC examine si la relation est authentique et si elle a été conclue principalement dans le but d’obtenir le statut de résident permanent.
Cette appréciation est nécessairement factuelle.
Un couple ensemble depuis de nombreuses années peut disposer d’une documentation abondante. Un couple récemment marié peut avoir moins d’historique tout en entretenant une relation entièrement authentique.
L’objectif ne devrait donc pas être de produire artificiellement une quantité déterminée de preuves, mais de fournir une documentation qui montre fidèlement comment la relation s’est développée et comment le couple vit réellement.
Quels documents peuvent démontrer une relation authentique?
IRCC identifie plusieurs catégories de documents pouvant contribuer à établir une relation, notamment :
- certificats de mariage;
- documents financiers conjoints;
- baux communs ou documents de propriété;
- documents indiquant une adresse résidentielle commune;
- relevés de communications;
- affidavits ou déclarations de parents ou d’amis;
- photographies; et
- documents d’emploi, d’assurance ou autres reconnaissant la relation.
Pour les conjoints de fait, IRCC mentionne également des éléments tels que :
- propriété résidentielle commune;
- baux conjoints;
- comptes de services publics conjoints;
- permis de conduire indiquant la même adresse;
- polices d’assurance; et
- autres pièces d’identité ou documents démontrant la résidence commune.
Les demandeurs n’ont pas nécessairement besoin de chaque type de document. La preuve appropriée dépend de la situation réelle du couple.
La preuve devrait raconter une histoire cohérente
Une demande de parrainage est généralement plus solide lorsque différents éléments de preuve se renforcent mutuellement.
Prenons un couple en union de fait qui affirme avoir commencé à vivre ensemble en janvier 2025. Les éléments utiles pourraient comprendre :
- un bail commençant en janvier 2025;
- des factures de services publics à la même adresse;
- des pièces d’identité gouvernementales portant cette adresse;
- des documents bancaires ou d’assurance conjoints;
- des communications réparties sur la durée de la relation; et
- des photographies ou dossiers de voyage illustrant leur vie commune.
Aucun document unique n’a besoin de porter toute la demande. Ensemble, les preuves soutiennent la chronologie et la nature de la relation.
Le même principe vaut pour les couples mariés. Le certificat établit le mariage légal; d’autres documents peuvent démontrer l’histoire et la réalité continue de la relation.
Plus de preuves ne signifie pas toujours de meilleures preuves
Les demandes fondées sur une relation peuvent devenir inutilement volumineuses lorsque les demandeurs supposent que la quantité est l’objectif principal.
Le guide d’IRCC limite par exemple certains types de preuve de communication et demande aux demandeurs de suivre la liste de contrôle applicable plutôt que de soumettre une quantité illimitée de matériel.
Une approche plus efficace consiste généralement à présenter des preuves :
- pertinentes;
- représentatives de la relation dans le temps;
- cohérentes avec les formulaires et le récit de la relation;
- correctement traduites lorsque requis; et
- organisées de façon à être comprises par l’agent d’immigration.
Des centaines de captures d’écran répétitives peuvent avoir moins de valeur qu’un dossier plus restreint et bien organisé montrant la relation à des moments significatifs.
La preuve d’une union de fait doit particulièrement couvrir la période de 12 mois
Dans un parrainage de conjoint de fait, la preuve de la relation sert un objectif supplémentaire : elle doit démontrer non seulement l’authenticité de la relation, mais aussi le respect de la période de cohabitation requise.
La définition actuelle d’IRCC exige au moins 12 mois consécutifs de vie commune dans une relation conjugale.
Les demandeurs devraient donc porter une attention particulière aux lacunes documentaires.
Si le bail, les pièces d’identité et les factures d’un partenaire indiquent une adresse alors que les documents de l’autre indiquent une autre adresse pendant une partie de la période revendiquée, la divergence peut devoir être expliquée.
Cela ne signifie pas automatiquement que le statut de conjoint de fait ne peut pas être établi. Cela signifie que le dossier documentaire doit être évalué avant le dépôt.
Et si le couple a passé du temps séparé?
Une séparation physique temporaire ne met pas nécessairement fin à une relation de fait.
IRCC indique que, pendant la période de 12 mois servant à établir le statut, les absences devraient généralement être brèves et temporaires, notamment pour le travail, les voyages d’affaires ou des obligations familiales.
Une fois le statut de conjoint de fait établi, les partenaires peuvent aussi connaître des périodes où ils sont physiquement séparés tout en poursuivant leur relation.
Les faits particuliers restent déterminants. Un court déplacement professionnel est différent du maintien de résidences séparées pendant de longues périodes avant que l’année de cohabitation exigée soit atteinte.
Lorsque la chronologie est complexe, il est utile de cartographier soigneusement la période de cohabitation et de la comparer aux documents disponibles.
Lorsqu’un époux ou conjoint envisage une visite temporaire au Canada pendant le traitement du parrainage, consultez Demande de visa de visiteur au Canada : motif du voyage, ressources financières et documents justificatifs.
Catégorie du regroupement familial ou catégorie des époux ou conjoints de fait au Canada?
Selon leur situation, les époux et conjoints de fait peuvent être parrainés au titre de la catégorie du regroupement familial ou de la catégorie des époux ou conjoints de fait au Canada.
Le guide actuel d’IRCC explique que la catégorie du regroupement familial est généralement utilisée lorsque la personne parrainée vit à l’extérieur du Canada, ou se trouve au Canada mais n’a pas l’intention d’y demeurer pendant tout le traitement.
La catégorie des époux ou conjoints de fait au Canada est offerte dans les situations appropriées où les partenaires vivent ensemble au Canada.
Le choix de la catégorie devrait refléter la situation réelle du couple, notamment le lieu de résidence du demandeur et ses projets pendant le traitement, plutôt que la simple perception de la voie la plus pratique.
Les demandeurs devraient aussi examiner séparément les exigences relatives au travail au Canada pendant le traitement de leur demande d’immigration.
Un époux parrainé peut-il travailler pendant le traitement?
Certains époux et conjoints de fait parrainés qui vivent au Canada peuvent être admissibles à un permis de travail ouvert pendant le traitement de leur demande de résidence permanente.
Selon les règles actuelles d’IRCC, le demandeur principal doit généralement être inclus dans une demande de parrainage admissible et, sous réserve d’exceptions précises, avoir reçu un accusé de réception confirmant qu’IRCC a accepté la demande de résidence permanente aux fins de traitement.
L’autorisation de travailler doit donc être traitée comme une question d’immigration distincte. Le simple dépôt d’une demande de parrainage n’autorise pas automatiquement une personne à travailler au Canada.
L’engagement du répondant continue après l’obtention de la résidence permanente
L’engagement de parrainage crée une obligation qui se poursuit après que l’époux ou conjoint devient résident permanent.
Pour un époux ou conjoint hors Québec, cet engagement dure actuellement trois ans à compter du début de la résidence permanente.
IRCC précise que l’engagement demeure en vigueur même si les circonstances changent. Par exemple, le répondant reste responsable pendant la période de l’engagement même si la relation prend fin.
L’engagement est donc très différent d’une entente privée entre les conjoints : il s’agit d’un engagement pris dans le cadre du processus d’immigration.
Tous les membres de la famille requis doivent être déclarés
La composition de la famille est un autre élément important de la demande.
IRCC exige que les demandeurs déclarent les membres de leur famille, y compris certains membres qui ne les accompagnent pas au Canada. Le fait de ne pas déclarer correctement un membre de la famille et, lorsque requis, de ne pas le faire examiner peut avoir de graves conséquences sur de futurs parrainages.
Les demandeurs devraient notamment vérifier :
- les enfants issus de relations actuelles ou antérieures;
- les personnes à charge non accompagnantes;
- les ententes de garde;
- les membres de la famille dont le lieu de résidence est inconnu; et
- les divergences entre les formulaires de parrainage et des demandes d’immigration antérieures.
Les renseignements familiaux devraient être vérifiés pour leur cohérence avant le dépôt.
Les exigences propres au pays peuvent être importantes
Le parrainage d’un époux n’est pas un exercice documentaire entièrement uniforme.
La trousse d’IRCC exige que le demandeur sélectionne la personne parrainée, le pays où elle réside et le pays où les documents pertinents ont été délivrés. Des formulaires ou exigences propres au pays peuvent alors s’appliquer.
Les documents en langue étrangère doivent aussi respecter les exigences de traduction d’IRCC.
Le guide avertit que les demandes auxquelles il manque des documents requis peuvent être retournées comme incomplètes, même si une personne incapable d’obtenir un document précis peut devoir fournir une explication détaillée conformément aux instructions applicables.
Une liste documentaire générique trouvée en ligne ne devrait donc pas remplacer la liste de contrôle actuelle applicable au dossier précis.
Problèmes fréquents dans les demandes de parrainage
Dates incohérentes
Les dates liées à la rencontre, au début de la relation, au début de la cohabitation, aux fiançailles ou au mariage devraient être vérifiées dans les formulaires et les pièces justificatives.
Des écarts mineurs peuvent parfois être expliqués, mais une divergence importante peut rendre l’histoire de la relation difficile à comprendre.
Preuve insuffisante de la période de cohabitation invoquée
Cela est particulièrement important dans les demandes de conjoint de fait. Un couple peut avoir réellement vécu ensemble plus d’un an, mais si la plupart des documents officiels indiquent des adresses différentes, des preuves ou explications supplémentaires peuvent être nécessaires.
Preuves concentrées autour de la date de dépôt
Une relation authentique se développe normalement dans le temps. Un dossier soutenu presque uniquement par des documents créés immédiatement avant le dépôt peut donner moins de contexte qu’un ensemble de preuves couvrant différentes étapes de la relation.
Formulaires et preuves qui racontent des histoires différentes
Si les formulaires indiquent une cohabitation continue alors que les dossiers de voyage montrent de longues périodes dans des pays différents, l’écart devrait être expliqué.
Le but n’est pas d’éliminer chaque circonstance inhabituelle, mais de s’assurer que la demande l’explique avec exactitude.
Une demande complète n’est pas la même chose qu’une demande susceptible d’être approuvée
IRCC exige l’utilisation des formulaires, de la liste de contrôle et des instructions propres au pays applicables. L’absence d’information ou de documentation requise peut entraîner le retour d’une demande.
Mais la complétude n’est que le premier seuil.
Une demande peut contenir tous les formulaires requis et nécessiter tout de même une analyse approfondie de :
- l’admissibilité du répondant;
- la validité juridique du mariage;
- la cohabitation de fait;
- l’authenticité de la relation;
- la composition familiale;
- l’historique d’immigration antérieur; ou
- l’admissibilité au Canada.
La préparation devrait donc comprendre à la fois une vérification de la liste documentaire et un examen substantiel du dossier.
Préparer une demande de parrainage plus solide
Avant le dépôt, les couples devraient généralement pouvoir répondre clairement aux questions suivantes :
- Quelle catégorie de relation s’applique : époux ou conjoint de fait?
- En cas d’union de fait, à quelle date exacte les 12 mois de cohabitation ont-ils été atteints?
- Le répondant est-il admissible à parrainer?
- Quelle catégorie de demande convient à la situation?
- Les preuves établissent-elles à la fois la relation juridique et son authenticité?
- Tous les membres de la famille sont-ils correctement déclarés?
- Existe-t-il des incohérences avec des demandes antérieures de visa, permis ou résidence permanente?
- La liste de contrôle actuelle et les exigences propres au pays ont-elles été respectées?
Répondre à ces questions avant le dépôt peut aider à repérer des lacunes beaucoup plus difficiles à corriger une fois la demande soumise.
Obtenir des conseils sur le parrainage familial
Escanto Immigration Services aide les citoyens canadiens et les résidents permanents à évaluer l’admissibilité au parrainage d’un époux ou conjoint de fait, organiser les preuves de la relation, réviser la documentation et préparer les demandes de résidence permanente fondées sur le parrainage.
Pour un aperçu de ce domaine, consultez notre service de parrainage familial.
Lorsqu’un époux ou conjoint parrainé se trouve déjà au Canada et peut également avoir besoin d’une autorisation de travail, les exigences distinctes liées au statut et au travail devraient aussi être évaluées.
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Sources officielles
- IRCC — Parrainer votre époux, partenaire ou enfant : vérifiez votre admissibilité
- IRCC — Qui vous pouvez parrainer
- IRCC — Ce que signifie être un répondant
- IRCC — Guide complet : parrainer un époux, conjoint de fait, partenaire conjugal ou enfant à charge
- IRCC — Preuve d’une relation de fait
- IRCC — Permis de travail ouvert pour les époux et conjoints parrainés au Canada